… Le soleil se couchait derrière les casernes, les mendiants imploraient un peu d’eau, mais toutes les aiguières étaient renversées dans la cité de Cana, les femmes s’enfuyaient pleurant par le crépuscule jaune, moi, pourchassé, je partageais sur la colline mon vin avec des brigands et des témoins menteurs, alors que la croix mordait déjà le bord de mon manteau.
… Qui aimer ? À qui me confesser ? Dieu seul peut se vanter de m’avoir entendu me plaindre, j’ai bu toute la fange de l’égout où ils m’ont jeté, mes entrailles sont devenues les routes où roulent des chars de triomphe, j’ai ôté mes ailes et les ai clouées à la vieille, qu’ils ont enterrée toute seule avec un moineau à l’arbre voisin, avec un vieux cercueil rempli de cendres – souvenez-vous de moi lorsque viendra l’heure.
… Des ouvrages de prisonniers séchaient à la cheminée, c’était l’automne et on avait déserté les champs, j’entendais le pas des charretiers dévorant le foin volé.
… Alors j’ai vu la haute estrade où il fallait que je monte, ignorant si je serais couronné roi ou roulerais dans le panier des décapités.
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Tasos Leivaditis, Νυχτερινός επισκέπτης

