LE DERNIER DES SAMEDIS

 

Chut… désormais rien ; rien de blanc ou lisse désormais rien

D’enivrant, mélodieux, rien ; aucun nuage

Éclairé de l’arrière ni au moins une humaine compagnie

Quelque chose de lugubre, de défaillant, après que le jour de la Passion

S’est mis à verser lentement et à sombrer

*

Quelle âme s’en va donc, que l’air

Sente si fort et que je n’en puisse plus

*

Chut… dans l’obscurité personne ne sait ; excepté

Tout contre les galets, écoute, des coups surnaturels, comme de pêcheurs ou

De corps qui se glissent l’un dans l’autre alors que tremble, tout âme

L’éther

            et à l’improviste un astre trouve l’audace de frôler ton front

*

Tout en erreurs je pars ; baisers qui dessus moi restèrent

Et que sont beaux là-haut les cyprès

 *

Si beaux les événements au ciel qu’ils reprennent une nouvelle

Consistance. Les jacinthes des astres, les afflictions, les parfums

Et les autres sensations anciennes que tu perdis dans la matière du ciel

Les voici qui se redessinent : la pierre et le tombeau et le soldat

Les blancs voiles des femmes et le long défilé des injustement tués

*

Temps qui bien avant mes parents

M’avez fait orphelin sans que je trouve ailleurs soutien

 *

Chut… Mais personne, personne ne sait. Pas même le vent

Si c’est lui qui lorsque tu réfléchis t’affole. Par toi seul tu deviens croyable

Puisque

            tes mains étaient habituées à des vergers où

La mer se glisse et se retire emplie de petites fleurs

Le vent souffle, il souffle et le monde diminue. Il souffle

Il souffle et l’autre grandit ; la mort le flot pers et interminable

La mort le soleil sans couchers.

 

ELYTIS, ΤΑ ΕΛΕΓΕΙΑ ΤΗΣ ΟΞΩΠΕΤΡΑΣ

Couleurs d’un couchant passé

Couleurs d’un couchant passé, parfum sans émotion

Signes vides d’une entaille qui marque ta plaie

La façon dont tu t’éveilles dans cette angoisse

un souvenir de sacrifice.

*

Un cri de souffrance en première ligne de chaque bataille

Une mère le nouveau-né dans le coin avec les ruines

Les soldats vaincus

Les prisonniers de guerre passaient en files infinies sans nom

La lettre que tu n’attendais plus ; tu as été parti tant de temps en province.

*

Pourtant moi je ne crains pas le vent qui entre par les fenêtres brisées

J’ai cherché une végétation nouvelle en des contrées inexplorées

Pour entendre auprès une voix, non pas les cris froids

dans des rues inconnues.

Manolis Anagnostakis, ΕΠΟΧΕΣ 3, 1951

Le Sens de l’Art

Des heures il regardait la main coupée de la statue – seulement une main

arrêtée en un paisible geste de reconstitution

de la totalité de son corps. Ainsi, peut-être aurait-il appris

le profond secret qu’il ne lui faudrait pas dire. Et d’ailleurs

qui pourrait le dire, et comment ? La poésie – dit-il  –

commence à jamais avant les mots ou après les mots. Alors

nous vîmes l’oiseau sortir de la main coupée et se poser sur le pain.

Yannis Ritsos, Η Γραφή του τυφλού, 1972

Mains véritables

Celui qui disparut un soir inexplicablement (peut-être

aussi qu’ils l’ont pris) avait laissé sur la table de la cuisine

ses gants de laine comme deux mains coupées

inoffensives, sans plaintes, sereines, ou plutôt

comme ses mains elles-mêmes, un peu gonflées, remplies

du souffle tiède d’une très ancienne patience. Là,

entre les doigts laineux, détendus,

nous mettons de temps en temps une tranche de pain, une fleur,

ou un verre de notre vin, rassurés de savoir

que sur les gants au moins ne vont pas les menottes.

Yannis Ritsos, Η Γραφή του τυφλού, 1972

Lettre à Joliot-Curie

Pendant la guerre civile, en 1950, RITSOS est en déportation à Aï Stratis. Il écrit un long poème en forme de lettre à Frédéric JOLIOT-CURIE. En voici des extraits.

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Aï Stratis,  Novembre 1950

 

Mon cher Joliot,

Je t’écris d’Aï Stratis.

On se trouve par ici à peu près trois mille,

des gens simples, bûcheurs, calés,

avec une couverture trouée sur nos épaules,

un oignon, cinq olives et un quignon de lumière dans notre musette.

Des gens simples comme les arbres devant le soleil,

des gens qui n’ont pas d’autre crime sur la conscience

que d’aimer tout comme toi

la liberté et la paix.

*

Joliot, frère,

Depuis assez d’années nous errons

d’île aride en île aride

en charriant sur notre échine nos tentes,

sans avoir le temps d’installer nos tentes,

sans avoir le temps d’installer deux cailloux pour mettre notre faitout dessus,

sans avoir le temps de nous raser et de fumer une demi cigarette sur les genoux de l’aube.

D’appel en appel

de corvée en corvée

charriant dans nos poches certaines vieilles photos du printemps

– à mesure elles se décolorent – on ne les reconnaît plus

– celui-ci serait notre jardin – comment-était-il ?

– comment est une bouche qui dit « je t’aime » ?

Comment sont deux mains qui montent à l’épaule ta couverture

quand tu dors avec juste la chemise lavée de frais du sourire ? – nous ne nous souvenons plus.

Nous nous souvenons juste

d’une voix lumineuse au milieu de la nuit,

d’une voix douce qui dit : liberté et paix

*

Ainsi d’île aride en île aride

charriant de chagrin en chagrin notre baluchon,

charriant notre cœur dans notre baluchon,

charriant notre foi dans notre cœur,

bien souvent sans pain

bien souvent sans eau

avec des chaînes aux mains,

sans avoir le temps de lier amitié avec un arbre ou une fenêtre,

toujours avec des chaînes aux mains,

parce que nous sommes de ces gens simples,

de ces fortes têtes

qui jamais n’ont désappris à aimer,

tout comme toi, la liberté et la paix.

*

Nous avons passé bien du temps à Makronisos,

nous avons dormi joue à joue avec la mort,

beaucoup ont laissé là-bas leurs os

beaucoup y ont laissé leurs jambes et leurs bras,

beaucoup à présent marchent avec des béquilles

beaucoup ne marchent plus du tout,

beaucoup crient dans leur sommeil

beaucoup n’ont plus de mots du tout,

beaucoup ne peuvent plus voir

comme un nuage promène sa tristesse rosée sur la courtoisie des eaux du soir,

beaucoup ne peuvent plus comprendre la voix de leur mère

– et toute notre faute était d’aimer

Tout comme toi la liberté et la paix.

*

Là, c’étaient des pierres, beaucoup de pierres

juste des pierres avec les dents serrées

juste des voix plus dures que les pierres

et des bottes qui frappaient les pierres.

Ces pierres, on les charriait sur notre échine,

Ces pierres on les creusait avec nos ongles.

Je ne sais pas si c’était le ciel – ce ne l’était pas.

Juste des pierres, beaucoup de pierres,

et pourtant, Joliot, au-dessus de ces pierres

on entendait en cachette le soir,

l’oreille collée à notre plaie,

on entendait se promener la liberté et la paix.

*

Bien sûr, quelque part devait exister l’étoile du soir,

à effeuiller du chagrin du monde la marguerite de la douleur,

oui bien sûr elle devait exister – nous ne l’avons pas vue.

De tous les côtés nous étions enfermés,

de partout nous regardaient de leurs regards aveugles les fusils,

de partout les torches ouvraient des trous dans les ténèbres,

partout dans ces trous se tenait jambes croisées la mort – elle nous regardait –

sur tous les guets les gardes criaient :

« Halte, qui va là ? » « Halte, qui va là ? » « Halte, qui va là ? »

Ce n’était rien,

seulement leur peur –

ils ne voyaient rien, seulement leur ombre –

pourtant, nous, nous le savions, Joliot,

sous les arcades noires que leurs voix ouvraient,

s’en venaient nous rejoindre en conspiration

la liberté et la paix.

*

Joliot,

amer était le pain que nous avons mangé

amer était que le jour vienne et qu’il te soit égal de te laver et de voir le soleil

amer était que le soir vienne et que ne te connaisse pas une étoile

amer était que la nuit vienne sans que tu aies un vers pour bénir ton chevet

amer était qu’ils veuillent que tu meures avant d’avoir le temps de dire ton chant

amer était que la vie soit si belle et qu’il faille que toi tu meures

parce que tu aimes la liberté et la paix.

*

Nos nuits stationnaient, tellement lourdes,

comme lorsque on ne te laisse pas dire la vérité,

et la lune était pendue dans le ciel

comme est pendue la casquette du tué au clou de la porte,

et quand nous enlevions nos chaussures,

dans nos poches se tenait la peur

et dans nos ongles se tenait la peur aussi –

je ne dis pas, Joliot : pour nous, nous avions très peur,

mais nous avions peur davantage

pour la liberté et la paix.  […]

*

Elle est dure ici la vie –

toujours il en va ainsi, là où les morts prolifèrent.

Entre la charpente d’une potence

nous regardons le ciel.

Voilà nos fenêtres.

Et pourtant, c’est à pleurer de joie :

Vois comme brille le soleil –

entre de telles fenêtres, un osier passe sa main – il nous salue,

toute la vie nous salue – et c’est à pleurer de joie en caressant

cette rugueuse, cette humide main que te tend le monde

Joliot, comme brille le soleil !

Je crois que c’est possible

parce que nous aimons chaque jour davantage

comme toi la liberté et la paix.

*

Ici les cœurs sont comme les maisons brûlées,

– ni toit, ni portes, ni fenêtres,

partout des trous calcinés

partout des poutres enfumées,

de partout entre le ciel.

Et c’est étrange, – n’est-ce pas ? –

de voir entre ces trous

passer les nuages et les années,

passer les oiseaux et les couchants,

s’allumer et s’éteindre les étoiles

entre ces poutres noires.

C’est étrange qu’il y ait tant de maisons brûlées

et de regarder le ciel de dedans les maisons brûlées,

et plus étrange que soit aussi bleu le ciel

au-dessus de tant de maisons brûlées.

Et pourtant, pas étrange du tout, dedans nos flancs nus,

qu’illumine notre cœur tant de liberté et de paix.

*

Chaque jour se multiplient les tombes,

tombes, tombes, tombes,

notre terre s’est emplie de tombes, mon frère,

il ne reste pas un pouce sur notre terre

pour qu’on plante des roses,

pour que les enfants jouent à la balle,

pour que s’embrassent deux amoureux.

Mais il reste toujours beaucoup de place

au-dessus de nos tombes

pour la liberté et la paix.

*

Longtemps nous n’avons bavardé qu’avec la mort,

nous avons épouillé sur nos genoux la mort

comme nous avons épouillé notre maillot,

et encore, dans nos poches, nous restent les miettes

du pain que nous avons partagé avec la mort,

voilà pourquoi nos paroles sont embarrassées,

voilà pourquoi notre bouche est amère,

et que nous n’avons pu encore baiser au front

la liberté et la paix.

*

Peu à peu nous avons dépouillé tous les ornements,

nous sommes restés juste avec notre nudité,

nus, tout à fait nus,

charriant les pierres dans la montée

sous les injures et les coups de fouet,

creusant de nos ongles la nuit

pour y ouvrir un trou vers la lumière,

noirs du charbon de la nuit,

noirs comme nos frères les Noirs,

comme nos frères les mineurs,

avec une lampe seulement pendue à la ceinture,

une étoile rouge seulement dans notre cœur,

éclairant la route pour ne trébuchent pas

la liberté et la paix.

Yannis Ritsos, Γράμμα στόν Ζολιό Κιουρί, 1950

L’Horloge du monde sonne minuit

La guerre prit fin un printemps où les fleurs eurent peur de pointer leur nez à l’heure. Des fumées montaient de partout et mâchuraient le ciel. Les malfaiteurs qui commencèrent le massacre ne trouvaient pas de maison debout, même pour se cacher. Le sang qui fut versé criait dans toutes les langues, demandait vengeance. Que soient punis les coupables, et durement – mais quel profit pour les vivants ? Les douze potences de Nuremberg étaient une miniature devant les forêts de potences qu’ils avaient semées sur toute la terre.

L’extension de la dévastation fut révélée quand se tut le dernier fusil. Alors seulement le grand deuil put être entendu. Les rues où fleurissaient les rangs d’arbres se remplirent de sang et de fumée. Au début ils tuaient par haine, ensuite par devoir, ensuite encore par habitude et à la fin par folie. Ils tuaient par obligation sacrée, avec impassibilité et flegme. Ils s’arrêtaient seulement par fatigue ou par distraction. Ainsi, lorsque la fumée se leva et que le drame fut révélé dans toute son extension, la raison subit sa plus grande épreuve et il fallut beaucoup lutter pour qu’elle ne se rompe et ne se volatilise pas.

Les corps qui noircissaient et gonflaient sous la pluie et le soleil, les toits tombés qui béaient sous le ciel… les fleurs qui fleurirent cet été-là, étonnées par l’étrange force qu’avaient leurs racines… les fronts de mer écroulés, les ports gorgés par les épaves, les gens amputés… les mères folles… les petits enfants blêmes et pensifs… tout cela : les petits épisodes d’une énorme tragédie qu’aucun tragédien ne pourra dire, parce qu’il deviendrait fou dès le début. Et il la laisserait au milieu…

MENELAOS LOUNTEMIS

L’Étranger

Parce que l’étranger ne connaît pas la cité le jour,

L’étranger, le soir il connaît la cité, lorsqu’elle dort.

Le matin, il part encore, de l’air amer

de qui cherchait quelque chose qu’il n’a pas trouvé.

*

Toi qui un jour l’as aimé,

en le voyant passer de ta porte

donne-lui quelque chose de la tendresse d’avant

et dis-toi, après des années,

que par ta vie un jour Ulysse est passé.

 

Yorgos Markopoulos, Πυροτεχνουργοί, 1979

Pour Olga

Le 17 Novembre, il était 17h30 quand Olga, 8 ans, qui se trouvait dans la cour d’une usine de Keratsini, s’est approchée du portail métallique électrique donnant sur la rue, qui commençait à se fermer, mais où elle s’est engagée pour le franchir. La petite fille est restée prise au piège, jusqu’à mourir d’asphyxie, coincée contre le mur. La vidéo des caméras de surveillance montre qu’elle a été vue, que la porte a été ouverte – puis refermée, sur son corps. Que les secours n’ont été appelés que plus d’une heure après. Que des employés, au lieu de tenter quelque chose envers elle, se bornent à la fin à… pousser du pied son corps qui est à terre, pour voir si elle vit encore.

Olga était une petite gitane. Ce drame a inspiré à Auguste Corteau (Augoustos Korto) ce poème.

« Gitane », pensaient-ils, et ils passaient.

D’abord, j’ai eu peur. Terreur, panique !  J’ai été piégée !

La peur est invisible.

Moi ?

« Gitane », pensaient-ils, et ils passaient.

Et puis, j’ai eu mal. Mal affreux, dans la poitrine, dans les côtés !

Le mal est invisible.

Moi ?

« Gitane », pensaient-ils, et ils passaient.

Ensuite, je ne pouvais plus respirer. Suffocation, suffocation, de l’air !

Le souffle est invisible.

Moi ?

« Gitane », pensaient-ils, et ils passaient.

Longtemps devant moi ils sont passés : « Gitane, gitane, gitane ».

À la fin, je suis morte.

Tout au moins, fin du mal, de la peur. Fin du souffle.

La mort est invisible.

Moi ?

Moi, je pense, je ne passerai pas.

Augoustos Korto

FLOU

 

Elle se leva et leur prépara parfaitement le petit déjeuner

en mouvements mathématiques.

Elle les salua : bonne journée, je vous aime, ne soyez pas en retard

– depuis le haut de l’escalier savamment astiqué.

Elle secoua le tapis, lava les tasses et les cendriers

en parlant toute seule.

Elle mit le manger dans la casserole et changea l’eau dans les vases.

Elle se sentit intelligente chez l’épicier

sourit avec condescendance chez le coiffeur

fut déstabilisée dans la réserve de produits de beauté

et acheta aux éditions Kyttaros LA CONSCIENCE DE LA

FEMME DANS LE MONDE MASCULIN.

Elle dressa la table au moment

où tintait la sonnette

belle intelligente et informée des nouvelles.

L’enfant fut couché

et le mari la pressa par derrière.

Elle ahana comme elle avait vu dans une publicité

et lui dit d’une lourde voix sexuelle : Viens.

Il la sauta termina et s’essuya.

La femme se leva avec précaution pour ne pas l’éveiller

lava les assiettes en parlant toute seule

elle ouvrit les fenêtres pour que ça ne chlingue plus.

Elle se prit une cigarette ouvrit son livre et lut :

« … c’est seulement quand les femmes exigeront avec énergie

qu’il y aura espoir de changement. »

et plus bas : «  OUI MAIS QU’AS-TU FAIT AUJOURD’HUI MA JOLIE

QU’AS-TU FAIT AUJOURD’HUI ? »

Elle se leva avec précaution

prit le fil de la rôtissoire

le serra bien autour du cou de son mari

et écrivit en dessous de la question

du mouvement féministe : « J’EN AI ÉTRANGLÉ UN ».

Après quoi elle téléphona aux Secours et jusqu’à leur venue

regarda son horoscope dans le magazine FEMME.

 

Katerina GOGOU, Τρία Κλικ αριστερά, 1978

C’est comme tu le dis…

Oui. C’est comme tu le dis.

Si on cherche vraiment

on trouve des maisons de deux étages

avec au sous-sol des jarres d’argile

pas loin de la mer

et pour une bouchée de pain.

Et dans la montagne c’est beau

avec les arbres et les rivières

avec une femme et une chèvre tu es O.K..

Seulement nous, on avait décidé

qu’on changerait le monde

et ça ne peut pas se faire depuis la campagne

on l’avait dit, ça.

On cherchait à trouver des armes

on savait que tous meurent

mais il y a des morts qui ont du poids

parce qu’ils choisissent eux-mêmes la façon.

Et nous, on a décidé

la mort pour la mort

parce qu’on aimait beaucoup la vie.

Je sais qu’il y a des rivages infinis

et des arbres dedans la mer

et l’amour est une importante chose.

Mais il fallait d’abord qu’on en finisse avec les porcs[1].

Tu es venu ici et tu fumais

en regardant les poutres.

Tu étais indéterminé et lointain

tu rougissais comme les fillettes

ni un mot de tout cela

ni moi non plus je ne t’ai parlé

je t’ai juste dit « ne te perds pas »

et toi tu m’as dit « oui, sûr »

et tu es parti oubliant tes cigarettes.

J’ai donné moi aussi un coup

comme je vous ai vus

faire, les hommes,

et de mon doigt j’ai troué

le paquet de part en part.

ce n’était pas non plus ma marque, « sûr ».

 

Katerina Gogou, Τρία Κλικ αριστερά, 1978

[1] Un slogan grec souvent scandé en manifestation est « Flics, porcs, assassins »