Couchant

Dehors se décantent les éclats à venir

L’histoire des peuples frissonne, tendre ;

Soudain le marbre mortellement de resplendir ;

Comme si te touchait la fièvre des légendes.

*

N’allumons pas la lumière ! Pour retenir

Dans nos yeux quelque vision immaculée.

Approche-moi  doucement : laisse dormir

Les ténèbres dont mon cœur est sanglé.

*

Viens à la fenêtre, comment va plonger

Le silencieux nuage, regardons,

La chauve-souris prête à s’élancer ;

*

Et là en bas, trouvons une étoile à qui pleurer

Le serment que lèvre à lèvre nous dirons

Et que Dieu l’entende, qui nous connaît !

 

Kostas Barnalis

Matin

Ressuscité, le rayon massacre

la rumeur funèbre pour ressusciter,

et fait se lever intimidée

une mienne espérance insomniaque.

*

Lourde sur la route reverdie,

que moi tout seul j’ai nettoyée,

la larme –l’herbe en a ployé

comme l’épaule crucifiée du Christ.

*

Dans mon corps, l’esprit ne s’est pas endormi

comme un serpent, tout phosphore pour fixer

une idée à fasciner et à manger ;

alors, comme la teinte à l’aurore, imprécis,

*

et mon cœur dehors à lutter,

c’est ton piano que j’entends haleter !

 

Kostas Barnalis