Chanson de la Mignonne et de Charon

Cette chanson populaire grecque a servi par exemple d’argument à un ballet de Nikos Skalkottas (1904-1949).

Dans les chansons et les légendes de la Grèce christianisée, la mort est personnifiée par Charon. Ce n’est plus le vieux batelier des Enfers dont l’Occident a gardé la figure. C’est un noir prédateur à cheval, qui emprunte beaucoup aux chefs de guerre successifs qui ont ravagé le pays au fil des siècles.

Aux Enfers, dans le « monde d’En Bas », il vit comme le Sultan : il a un sérail.


L’exquise Evyénoula, la jeune mariée,

est allée se vanter qu’elle n’a pas peur de Charon,

parce que sa maison est haute et son mari courageux,

parce qu’elle a neuf frères, des guerriers

qui attaquent tous les châteaux, et les pays se rendent.

Et Charon qui a entendu, ça lui a beaucoup déplu.

Il s’est changé en oiseau noir, comme une sauvage hirondelle.

Il est allé frapper la jeune fille isolée

au doigt menu où elle avait l’alliance.

Et vont et viennent les docteurs et de remède point ne trouvent,

et va et vient sa mère avec sa chevelure défaite.

« – Qu’est-ce que tu as, maman, que tu pleures ? Qu’est-ce que tu as, que tu soupires ?

– Tu meurs, mon Evyénoula, qu’est-ce que tu me commandes ?

– Je te laisse, mère, adieu, habille-moi en mariée,

et quand viendra Kostantis, qu’il ne souffre pas pour moi.

Fais-lui juste à dîner pour qu’il dîne, à souper pour qu’il soupe,

cherche dans ma poche pour y prendre ma clé,

prends son alliance et ses cadeaux,

donne-les à Kostantis, qu’il se marie ailleurs,

tout comme moi aussi je me marie, je prends Charon pour époux. »

Et Kostantis est apparu dans les champs, à cheval,

avec quinze étendards, avec neuf paires de jeunes gars,

avec quatre cents seigneurs, des fantassins, des cavaliers.

Il voit un grand attroupement, partout des gens rassemblés.

« – Baissez les étendards, arrêtez-vous, les gars,

car la croix est apparue pour ma belle-famille,

pour mon beau-père qui est mort, pour ma belle-mère qui est disparue,

pour un de mes beaux-frères qui a été tué. »

Et il a frappé son cheval pour gagner leur maison.

Près d’elle, à côté d’elle, se tenait un monastère.

Il trouve le maître d’œuvre qui faisait la tombe.

« – Longue vie, maître d’œuvre. De qui est-ce la tombe ?

– C’est celle du vent, de la fumée et de la tourmente.

– Allons dis-moi, maître d’œuvre, ne me cache rien du tout !

– Qui a langue pour te le dire ? Qui a bouche pour t’en parler ?

Ce feu que tu t’es allumé, qui veux-tu qui te l’éteigne ?

L’Evyénoula est morte, ta petite bien aimée.

– Longue vie, maître d’œuvre, fais la tombe plus grande,

qu’elle soit large, qu’elle soit longue, qu’elle soit avec deux noms. »

Il cravache son cheval et va chez ses beaux-parents.

Il trouve les popes qui psalmodiaient, les pleureuses qui pleurent.

«  – Écartez-vous, psalmistes, sur le côté, pleureuses ! »

Il a soulevé le foulard doré, il l’a vue morte.

Il se penche, il l’embrasse tout doux, doucement il l’étreint,

il a tiré un coureau doré d’un fourreau d’argent.

Très haut il l’a levé et dans son cœur il l’a planté.

Là où on a enterré le jeune a poussé un cyprès

et là où est enterré la jeune est sorti un roseau.

Le roseau s’incline, le cyprès se penche.

Et un oiseau gazouillait, il expliquait à l’autre oiseau :

« – Vois les infortunés, eux qui se sont tant aimés !

Vivants ils ne se sont pas embrassés, ils s’embrassent trépassés. »

Charon et Digenis l’Akrite

Sous l’Empire byzantin, les Akrites étaient les gardiens des frontières. Le personnage mythique de Digenis l’Akrite, malgré le symbole nationaliste qu’il est devenu, doit son nom au fait qu’il n’est… qu’à demi Grec, puisque son père est « l’émir de Syrie » ! Ce héros aux pouvoirs surnaturels est présent à l’origine dans deux sortes de textes, dont les chercheurs ne savent laquelle fut la source de l’autre. D’une part, une épopée (11ème / 12ème siècle), présentant de nombreuses variantes. D’autre part, des chansons populaires, fort anciennes elles aussi. Bien plus tard, à la fin du 19ème siècle, des poètes comme Sikelianos ou Kostis Palamas, font de Digenis le symbole de l’âme grecque invincible, qui depuis l’antiquité a survécu de combat en combat, en les remportant tous, même quand la mort semble toute puissante. C’est le sens de ce poème de Palamas, tiré du recueil Iambes et Anapestes, Ίαμβοι και Ανάπαιστοι,  (1897).


À cheval Charon entraîne

dans l’Hadès Digenis

et bien d’autres avec lui… Pleure, se lamente

le troupeau humain.

*

Et à la croupe de son cheval

il les tient ligotés,

le souffle de la bravoure,

la moirure de la beauté.

*

Mais comme si point ne l’écrasait

la patte de Charon

l’Akrite seul sans se troubler

regarde le cavalier.

*

« Charon, je suis l’Akrite

je ne passe pas avec les années.

M’as-tu touché sans me reconnaître

sur l’aire de marbre ?

*

Moi je suis l’indestructible

âme de Salamine,

dans la Ville aux Sept Collines*

j’ai apporté l’épée des Grecs.

*

Je ne disparais pas au Tartare,

simplement, je récupère,

dans la vie je réapparais,

et je ressuscite les peuples ! »

*


On peut écouter ce poème dans des mises en musique très diverses  ici,  ici  ou ici.


*L’un des noms de Constantinople, voulue par ses fondateurs une « nouvelle Rome »

Jeudi Saint

Nikos Gatsos, Νίκος Γκάτσος, a écrit ce poème, qui a été mis en musique par Christos Tsiamoulis, Χρήστος Τσιαμούλης. Écoutez-en ici l’interprétation d’Alkinoos Ioannidis, Αλκίνοος Ιωαννίδης.


Celui qui a pendu le soleil

À la maîtresse poutre du ciel

Aujourd’hui sur le bois est pendu,

Seigneur accorde-nous le Salut.

Et aux cytises du désert,

« mon enfant » a crié une mère.

*

Avec d’Avril les anciens sorts,

Avec le baiser des démons,

Une chouette entra dans la maison,

Dans la cour entra un corbeau,

Et tous les fauves du vallon

Descendirent chez les Morts.

*

Il sèmera d’autres étés

Dans l’esprit durement glacé,

Celui qui cloua des soleils

À la sainte toiture du ciel

Et toi, moi, tous à l’unisson,

À nouveau alors nous naîtrons.

Nikos Gatsos

Une invitation au voyage

S. Le Bateau de Thésée, de Doug Dorst, est un « roman à énigmes expérimental », où la quête d’identité du héros du roman Le Bateau de Thésée (supposé être écrit par un auteur fictif, V.M. Straka) se double de celle des étudiants qui, dans les marges du livre, mènent l’enquête pour découvrir la vérité sur cet auteur mystérieux et sur l’étrange organisation du « S».

–  Un drôle d’ouvrage, exaltant, stimulant en diable, dans lequel il est plusieurs fois question d’un vieux livre portugais :  Les Contes de l’Archer, connu seulement par les allusions des personnages, et supposé avoir influencé Straka dans son œuvre.

J’ai « retrouvé » ce texte disparu : l’ayant tiré du coin de mon grenier cérébral où les chercheurs ne s’étaient pas avisés de l’aller dénicher, je vous le livre. Vous pouvez découvrir sur ce blog, ICI :  S OU LES CONTES DE L’ARCHER

Dame Katina

Κυρά Κατίνα, Dame Katina, est une chanson de l’auteur compositeur et interprète Dimitris Mitsotakis, Δημήτης Μητσοτάκης, dont le sujet est au premier plan de l’actualité, en Grèce comme dans bien d’autres pays malheureusement.  Pour l’écouter, rendez-vous ICI.                       

Dame Katina compatissante, toi qui te signes

dès que tu distingues une église et au voisin médis

de ces Noirs et pire que ça qui ont sali le pays

et volé tout le travail – que la peste les serre

*

Dame Katina compatissante qui insultes chaque étranger

dans le train, le trolley, au magasin, au marché,

tu as oublié ton oncle qui rampait dans les trous

des galeries de la mine, les cheminées des bateaux

*

Où sont tes enfants dont tu es si fière ?

Ta fille partie en Australie, ton fils au Canada,

et te viennent les larmes qui diluent le mascara

quand ils te disent : « Maman, à Pâques, je ne viendrai pas »

*

Dame Katina compatissante, toi qui connais chaque Saint,

pour ce naufrage-là fais aussi une prière :

il y avait dedans le père, l’enfant, la mère

et on leur a tiré une balle dès qu’ils ont touché terre

*

Dame Katina compatissante, fidèle qui « aimes les uns les autres »,

les amis d’Adolf te tournent autour

le sang est sur tes mains, des armes sont tes mots

tu n’as tué personne, pourtant tous ils sont morts.

*

Où sont ton Giannis et ton Eleni dont tu es fière ?

« Sales Grecs » à l’étranger, étrangers même en Grèce

et puisque tu parles avec Dieu, prie pour eux maintenant

car dans la prochaine fournée, il y aura aussi ton enfant.

*

Dimitris Mitsotakis

J’ai vieilli

Haris ALEXIOU, Χάρις Αλεξίου, grande chanteuse grecque, a écrit ceci en 2009. Elle l’interprète ici.

J’ai vieilli

Dans le monstre de la ville

J’ai dégusté la peur – beaucoup, dégusté l’infection, dégusté des mensonges

J’ai avalé des mots bien gras

Je me suis évadée de mon désir d’apprendre

J’ai raillé ma soif de savoir… pourquoi je suis ici

Pourquoi je suis ici ?

J’ai vieilli

En sentiments de chimie, dans le genre transactions

En regards de sympathie

Et d’inutile tentative pour que nous soyons bons

Nous ?

« Nous » c’est une chose, nous sommes autres…

Toujours nous parlons d’autre chose. Toujours nous parlons des autres.

Toujours nous parlons des autres ainsi nous ne souffrons pas ainsi nous oublions.

J’ai vieilli

Monstre de la famille

De politesse sans substance avec feinte obéissance

Acteur enfant dans le rôle de la « grande »

Je ne parle pas de violence, je parle de viol

Vivre son adolescence signifie la guerre

Avec une adolescence de boue, dans la dégoûtante cité

Ensuite adulte névrosée

Toujours nous parlons d’autre chose

Toujours nous parlons des autres ainsi nous ne souffrons pas ainsi nous oublions.

J’ai vieilli

Connection « OteNet »

Gâteaux de chez Pallete

Après, les « Silhouette »

On recouvre les maux de nourriture

Les rêves en compression, plus tard la dépression

Un « Freak » du Moi avec naufrage de foi en soi

Tourne la page, une vie

Tourne la page

Décampe, ça fait trop mal

Je te repousse, je t’embrasse, tu me vas pas mais je t’aime

Divagation compréhension surface, surface, surface

Terre, nous avons touché terre

Larmes, mes chaudes larmes

La douleur adoucit

Larmes, mes bonnes larmes

« Nettoyage biologique »

Toujours nous parlons d’autre chose. Toujours nous parlons des autres.

Toujours nous parlons des autres ainsi nous ne souffrons pas ainsi nous oublions.

J’ai vieilli

Amour avant le A

Et au-dessous du zéro mon subconscient

Son terrain est bourbeux

Il recycle mes fruits pourris

J’ai vieilli

Mais le tout petit pleure

Il ne sait ce qu’il a fait. Il n’a pas où aller.

Il se ronge les ongles et il mouille les draps.

Retiré des années dans le fond du berceau.

« Bien fait pour lui Bien fait pour lui Bien fait pour lui »

Crie sa mère

Elle le nourrit, le gronde

Ainsi elle va l’élever.

Toujours nous parlons des autres ainsi nous ne souffrons pas ainsi nous oublions.

J’ai vieilli signifie

Faire comme si

Vivre l’absence

Devenir puissance

Apprendre à rire

Et à se circonscrire

À décider

À voir interdit d’échouer

J’ai vieilli signifie

Vivre avec ce qui te démolit

Construire encore d’autres foyers

Produire par tonnes des déchets

Rejeter les torts sur le prochain

Regarder les émissions du matin

Écouter leurs analyses – fidèle

Être altérée des Nouvelles

Dire et Yes et No

T’accoutumer aux pornos

Mener la guerre depuis ton canapé

Ne « pas pouvoir sans ton frappé »

Toujours nous parlons des autres.

Je vieillis veut dire

L’arrivée du renversement

Que les temps t’apportent

Pour t’écorcher la cervelle.

Tu demandes à te percher

Et à trouver des oasis

Dans les obsessions des autres

Qui ont pour entourage

Des figures identiques à toi

Genoux ployés

Rêves oubliés

Toujours nous parlons des autres ainsi nous ne souffrons pas ainsi nous oublions. 

Un singulier garçon

Voici le texte d’une chanson que vient d’écrire Pavlos Pavlidis en hommage à Zak Kostopoulos, assassiné en pleine rue à Athènes dans des conditions particulièrement affreuses.

La vidéo de cette chanson se trouve ici.


 

Tous ceux qui bourrent de coups de pieds fous sous nos yeux

un autre eux-même blessé et sans défense

un serpent les attend dans leur sommeil

il s’est déjà enfoncé dans leur rêve.

 

Une fois rassasiés devant leurs écrans de violence et de sang

une fois leurs enfant nourris de détritus

ils se teignent les mains de sang jusqu’aux coudes

et ensuite ils nettoient leurs trottoirs.

 

Reste auprès de moi ce soir ici reste auprès de moi

reste auprès de moi ce soir ici reste auprès de moi

reine pâle lève-toi et danse

ce soir je veux faire exploser mon cœur.

 

Tous ceux qui regardent glacés et indifférents

un garçon qui simplement n’était pas le leur

un serpent les attend dans leur salon

il a hanté soudain leur foyer.

 

Une fois rassasiés devant leurs écrans de violence et de sang

une fois leurs enfant nourris de détritus

ils ont haussé encore une fois les épaules indifférents

et sont retournés un à un à leur travail.

 

Reste auprès de moi ce soir ici reste auprès de moi

en moi souffle une belle brise

reine pâle lève-toi et danse

ils ont peur parce que tu es un singulier garçon.

 

Eux sont ceux qui raillent sous nos yeux

quelqu’un prêt à tomber dans leur vide

ils aboient « tombe » et comme coule leur salive

ils restent là plantés devant leur portable.

 

Une fois rassasiés devant leurs écrans de violence et de sang

une fois leurs enfant nourris de détritus

dans leur tanière souillée ils vocifèrent

avec fureur ils sortent de leurs gonds.

 

Reste auprès de moi ce soir ici reste auprès de moi

je ne suis pas un ange et je mérite peut-être

que dans le désert des villes mon âme

erre assoiffée sous le soleil.

 

Mais ma soif ramassera peut-être un jour

les noirs nuages du monde et avant que je parte

dans mon âme fuseront les éclairs et la pluie

pour rincer cette tristesse au moins un moment.

 

Reste auprès de moi ce soir ici reste auprès de moi

je ne sais pas si je supporterai tout seul cette nuit

si les singuliers enfants sont mes enfants

si je suis victime ou si je suis assassin.

 

Ils ont depuis des années barré l’horizon

de barbelés d’épines et de législateurs

et sans cesse ils nous portent aux urgences en civière

les fugitifs ont des figures déchirées

et quand nous regardons du côté où ils regardaient

il nous semble sans cesse voir nos visages

qui nous regardent avec gêne et une telle insistance

que nous le supportons pas et nous leur sourions

mais s’ils rient eux aussi alors c’est fini

nous avons toujours eu tant à dire

sur tout ce que nous n’avons jamais osé

sur tant de choses que, dommage, maintenant ici non plus nous n’osons pas.

 

Pavlos Pavlidis

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J’ai un troquet

Exceptionnellement, au lieu d’un poème, voici une chanson – ici enregistrée en 1971 par Giorgos Dalaras. Les paroles sont de Lefteris Papadopoulos, la musique de Manos Loïzos.


J’ai un troquet

Tout au bout du port

Il est construit par les pleurs

De ceux qui restent

De ceux qui restent

Et qui attendent

 

 

J’ai un troquet

Qui entend sans cesse les mêmes histoires

Sur les barques et les voyages

De ceux qui restent

De ceux qui restent

Et qui attendent

 

 

J’ai un troquet

Une vieille ruine

Ah si c’était un navire

Pour ceux qui restent

Pour ceux qui restent

Et qui attendent

Deviens mémoire mon garçon…

Le Vendredi 21 Septembre 2018, en plein jour et en public, dans une rue du centre d’Athènes, Zak Kostopoulos, militant LGBTQI et anti-VIH âgé de 33 ans, est mort sous les coups de citoyens grecs que rien ne signalait comme « dangereux » : des gens… ordinaires.  

À signaler, en langue française, un texte magnifique de Dimitris Alexakis relatant cette tragédie, ainsi que, sur son blog, un poème dédié à Zak.

Une page FaceBook grecque a été créée, dans le but de lutter pour que justice soit faite. En France, la page Justice pour Zak-Zackie, se fait dans notre langue l’écho de ce combat.

Mais sur ce blog de poésie grecque traduite, voici seulement un poème, envoyé à la page grecque, « de la part d’une mère »,(sans autre précision), après la mort de ZakLa traduction française est de Frédérique Bouvier, reproduite avec son aimable autorisation.


Deviens mémoire
mon garçon,
qu’ils se souviennent de toi.
Deviens gifle à la face du racisme,
parce que
tu ne peux devenir que cela,
après ce
qu’ils t’ont fait.
Ils n’ont pas honte, eux, de devenir des assassins.
Toi
là où ils t’ont trouvé vulnérable,
là où ils t’ont piétiné.

« Comme le mérite un pédé »

dans leurs cerveaux bornés
dans leur mentalité boiteuse,
pourquoi ne pas devenir indignation ?

Deviens une voix forte, assurée,
Une voix
dans des bouches qui souffrent
de ne pas encore s’être ouvertes.
Deviens cri.
Deviens tout ce que tu n’as pas eu le temps de devenir parmi nous.
Pour que tu sois notre inspiration.
Quelqu’un doit leur apprendre,
comment quelqu’un,
de monstre devient homme.

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Les Figues

Telle est la chaleur que les figues

éclatent dans les cageots du fruitier

et leur suc éclabousse

les figures des passants.

 

Son goût sur leurs lèvres sèches

les enivre tant

qu’ils perdent leur route

et frappent à des portes étrangères.

 

Plusieurs se trouvent face à l’amour de leur vie.

D’autres passent juste plusieurs heures agréables.

 

Charalampos GiannakopoulosΤι κοιτάζει στ’αλήθεια ο ποιητής, 2016