C’est comme tu le dis…

Oui. C’est comme tu le dis.

Si on cherche vraiment

on trouve des maisons de deux étages

avec au sous-sol des jarres d’argile

pas loin de la mer

et pour une bouchée de pain.

Et dans la montagne c’est beau

avec les arbres et les rivières

avec une femme et une chèvre tu es O.K..

Seulement nous, on avait décidé

qu’on changerait le monde

et ça ne peut pas se faire depuis la campagne

on l’avait dit, ça.

On cherchait à trouver des armes

on savait que tous meurent

mais il y a des morts qui ont du poids

parce qu’ils choisissent eux-mêmes la façon.

Et nous, on a décidé

la mort pour la mort

parce qu’on aimait beaucoup la vie.

Je sais qu’il y a des rivages infinis

et des arbres dedans la mer

et l’amour est une importante chose.

Mais il fallait d’abord qu’on en finisse avec les porcs[1].

Tu es venu ici et tu fumais

en regardant les poutres.

Tu étais indéterminé et lointain

tu rougissais comme les fillettes

ni un mot de tout cela

ni moi non plus je ne t’ai parlé

je t’ai juste dit « ne te perds pas »

et toi tu m’as dit « oui, sûr »

et tu es parti oubliant tes cigarettes.

J’ai donné moi aussi un coup

comme je vous ai vus

faire, les hommes,

et de mon doigt j’ai troué

le paquet de part en part.

ce n’était pas non plus ma marque, « sûr ».

 

Katerina Gogou, Τρία Κλικ αριστερά, 1978

[1] Un slogan grec souvent scandé en manifestation est « Flics, porcs, assassins »

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