Peur la nouvelle passion

Les plaies ne fleurissent plus

dans poèmes et chansons ;

elles s’infectent seulement.

La mer n’est pas désir

qu’on vogue vers le large

mais peur des profondeurs.

Qu’est devenue la joie de la vie

qu’on conquérait à tout instant

même lorsque le jour s’était levé néfaste ?

À présent nulle douleur

ne fustige le corps

mais c’est le dedans qu’enchaîne

un nouveau tyran tout puissant :

la peur.

 

La peur est venue et a arraché

toutes les passions.

L’amour maintenant semble

tantôt un mendiant dans un coin

et tantôt un bouffon sans travail

après qu’il ne fait plus rire personne.

Une est la passion ; la peur

qui s’étale comme un suaire

et qui recouvre tout.

Peur de l’écroulement

de la nature, du corps, du monde.

À présent au lieu de hurler du dedans :

« Comme il est beau ! »

une est la voix qui domine :

« Fais attention ! »

 

Katerina Anghelaki-Rooke, Η Ανορεξία της ύπαρξης, 2011

 

 

 

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