Optimisme

Supposons  que nous n’ayons pas atteint

la noire impasse, l’abysse cérébral.

Supposons que la forêt nous vient

avec la domination impériale

du triomphe du matin, le chant auroral,

et le soleil qui la traverse enfin.

*

Supposons que nous soyons par là-bas,

en d’inconnues et nordiques contrées,

comme nous mettons notre veste bas,

curieux, sérieux les regards étrangers.

Une lady, pour tendrement nous causer,

a chassé tous ses gens pour ce jour-là.

*

Supposons que s’est élargi le bord

de nos chapeaux, mais que nos pantalons collent,

rendus plus cintrés, et que sous l’ardeur

de l’éperon, mille chevaux s’envolent.

Nous allons – des drapeaux dans le vent volent –

en héros croisés, sauveurs du Sauveur.

*

Supposons que nous n’ayons pas atteint

par cent chemins les confins du silence,

et chantons – que notre chant semble enfin

clairon victorieux, clameur qui s’élance –

en-bas, aux diables en incandescence,

aux hommes, en-haut, pour les distraire un brin.

*

 Kostas Karyotakis


Une chanson tirée de ce texte peut s’entendre ici.

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