Quand nous descendrons les marches…

Quand nous descendrons les marches, qu’est-ce que nous dirons

aux ombres qui nous accueilleront,

amis indéfinis, familiers austères

d’un sourire sur leurs inexistantes lèvres ?

*

Du moins nous sommes seuls, ici.

S’écoule notre jour, et puis le suivant luit,

et dans nos yeux encore demeure

ce qui donne aux choses la couleur.

*

Mais là en-bas que dire, où aller ?

Nécessairement, l’un l’autre à se regarder,

avec les bras  aux coudes coupés,

comme des personnages d’icônes, figés.

*

À frapper notre dalle si on s’est plu,

on se figurera que nous avons vécu.

Qu’on jette ou qu’on prenne une rose,

De sable sera la rose.

*

Et si jamais sur les pointes nous nous hissons,

les villas du Pausilippe nous verrons,

Seigneur, Seigneur, et le terrain du Paradis

où tes adeptes de cricket feront une partie.

*

Kostas Karyotakis


Mis en musique, ce poème peut s’écouter ici.

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